Dans les communautés des Premières Nations du Nord, les feux de forêt ont causé des pertes disproportionnées et significatives de logements, d’infrastructures, de ressources culturelles et de moyens de subsistance.
Les récits des membres des communautés des premières nationset des organismes communautaires, ainsi que les conclusions de Sécurité publique Canada et de Services aux Autochtones Canada, révèlent d’importantes lacunes en matière de préparation, notamment des plans d’urgence désuets, une capacité d’intervention locale limitée en cas d’incendie et des processus de financement complexes. Les délais de redistribution des fonds dans le cadre du Programme d’aide à la gestion des urgences (PAGU) et d’autres programmes fédéraux ont retardé les efforts de reconstruction, prolongé les déplacements forcés et engendré des inconvénients pour les habitants. Les enjeux de coordination entre les gouvernements (fédéraux, provinciaux et des Premières Nations) ont entraîné des délais d’intervention inégaux, exacerbant les iniquités existantes entre les communautés.
De façon générale, le problème comporte deux dimensions principales : les communautés des Premières Nations ne bénéficient pas d’un soutien suffisant pour prévenir et se préparer proactivement aux situations d’urgence liées aux feux de forêt, puisque les ressources allouées à la prévention et à l’atténuation des feux de forêt sont insuffisantes et l’expertise autochtone n’est pas suffisamment prise en compte. De plus, lors d’un feu de forêt, les systèmes d’intervention d’urgence existants causent souvent des dommages sociaux, culturels, psychologiques et économiques supplémentaires. Les besoins en cas d’urgence des communautés des Premières Nations sont façonnés par des contextes culturels, linguistiques, géographiques et historiques qui leur sont propres. Pour certaines personnes, un déplacement forcé en raison d’un feu de forêt signifie qu’elles doivent quitter leur territoire pour la première fois, se retrouvant souvent dans un environnement urbain peu familier. Ces situations mettent en lumière l’importance d’obtenir un soutien culturellement adapté pour atténuer les traumatismes et maintenir la cohésion au sein de la communauté. Avoir accès à des aliments traditionnels, des cérémonies, des programmes jeunesse et des mesures de soutien culturellement adaptées aide les personnes évacuées à faire face aux déplacements forcés et aux pertes.
Les recommandations suivantes tiennent compte des réalités particulières auxquelles font face les communautés des Premières Nations du Nord et des régions éloignées. Ensemble, elles tendent vers une approche de la gestion des urgences plus efficace, plus humaine et plus centrée sur les personnes, qui est pertinente au-delà de ces contextes.
1. Renforcer les capacités autochtones de gestion des urgences
2. Réorienter le financement fédéral vers la prévention, la préparation et l’intervention rapide
3. Garantir un soutien culturellement adapté pendant les évacuations et les efforts de rétablissement
4. Investir dans les infrastructures essentielles et l’accès
5. Renforcer la coordination entre les autorités




