Politique

Au-delà des flammes : Point de vue des Premières Nations concernant la préparation et le rétablissement en cas de feux de forêt

Partagez

Publié:4 mars 2026

Auteurs: First Nations Resiliency Collective - Waabang -Giizhig

Mentor.e: Jonathan Dewar

Dans les communautés des Premières Nations du Nord, les feux de forêt ont causé des pertes disproportionnées et significatives de logements, d’infrastructures, de ressources culturelles et de moyens de subsistance.

Les récits des membres des communautés des premières nationset des organismes communautaires, ainsi que les conclusions de Sécurité publique Canada et de Services aux Autochtones Canada, révèlent d’importantes lacunes en matière de préparation, notamment des plans d’urgence désuets, une capacité d’intervention locale limitée en cas d’incendie et des processus de financement complexes. Les délais de redistribution des fonds dans le cadre du Programme d’aide à la gestion des urgences (PAGU) et d’autres programmes fédéraux ont retardé les efforts de reconstruction, prolongé les déplacements forcés et engendré des inconvénients pour les habitants. Les enjeux de coordination entre les gouvernements (fédéraux, provinciaux et des Premières Nations) ont entraîné des délais d’intervention inégaux, exacerbant les iniquités existantes entre les communautés.

De façon générale, le problème comporte deux dimensions principales : les communautés des Premières Nations ne bénéficient pas d’un soutien suffisant pour prévenir et se préparer proactivement aux situations d’urgence liées aux feux de forêt, puisque les ressources allouées à la prévention et à l’atténuation des feux de forêt sont insuffisantes et l’expertise autochtone n’est pas suffisamment prise en compte. De plus, lors d’un feu de forêt, les systèmes d’intervention d’urgence existants causent souvent des dommages sociaux, culturels, psychologiques et économiques supplémentaires. Les besoins en cas d’urgence des communautés des Premières Nations sont façonnés par des contextes culturels, linguistiques, géographiques et historiques qui leur sont propres. Pour certaines personnes, un déplacement forcé en raison d’un feu de forêt signifie qu’elles doivent quitter leur territoire pour la première fois, se retrouvant souvent dans un environnement urbain peu familier. Ces situations mettent en lumière l’importance d’obtenir un soutien culturellement adapté pour atténuer les traumatismes et maintenir la cohésion au sein de la communauté. Avoir accès à des aliments traditionnels, des cérémonies, des programmes jeunesse et des mesures de soutien culturellement adaptées aide les personnes évacuées à faire face aux déplacements forcés et aux pertes.

Les recommandations suivantes tiennent compte des réalités particulières auxquelles font face les communautés des Premières Nations du Nord et des régions éloignées. Ensemble, elles tendent vers une approche de la gestion des urgences plus efficace, plus humaine et plus centrée sur les personnes, qui est pertinente au-delà de ces contextes.

1. Renforcer les capacités autochtones de gestion des urgences
2. Réorienter le financement fédéral vers la prévention, la préparation et l’intervention rapide
3. Garantir un soutien culturellement adapté pendant les évacuations et les efforts de rétablissement
4. Investir dans les infrastructures essentielles et l’accès
5. Renforcer la coordination entre les autorités

Auteurs:
    Joseph Tootoosis

    Joseph Tootoosis

    2025/26

    LinkedIn

    Joseph est un fier membre de la Première Nation Flying Dust et agit à titre de conseiller en stratégie foncière et économique pour Kihew Consulting & Research. Spécialiste des stratégies foncières et du développement économique pour les Premières Nations, il possède plus de dix ans d’expérience auprès d’organisations autochtones, politiques, gouvernementales, à but non lucratif et corporatives. Joseph est passionné par la mobilisation de ses compétences en communication, négociation, présentation et gestion de projet pour diriger des équipes vers l’atteinte des objectifs organisationnels. Il se spécialise également dans l’élaboration de stratégies, de plans, de structures de gouvernance et de modèles d’affaires pour les Premières Nations et leurs entités commerciales.
    Il a une solide expérience du processus d’ajout aux réserves (ATR) dans le cadre de l’Entente sur les terres des traités (ETT) en Saskatchewan, ainsi qu’en Colombie-Britannique, sur les territoires non cédés des Premières Nations.
    Formé à l’approche du Harvard Project on Indigenous Governance and Development, axée sur la reconstruction des nations, Joseph cherche constamment des exemples comparatifs pour aider les Premières Nations à concevoir leurs propres modèles de gouvernance adaptés.
    Il joue également un rôle de bâtisseur de ponts, mobilisant son réseau dans les milieux universitaires et professionnels afin de rester à l’affût des nouvelles recherches et des exemples concrets de modèles autochtones réussis en gouvernance et en développement économique.

    Magnolia Perron

    Magnolia Perron

    2025/26

    LinkedIn

    Magnolia Perron est directrice de la stratégie et des partenariats à l’Association nationale des sociétés autochtones de financement (ANSAF), où elle pilote des initiatives nationales visant à soutenir le développement économique et l’entrepreneuriat autochtones. Elle détient une maîtrise en souveraineté autochtone (Indigenous Nationhood) de l’Université de Victoria, ainsi qu’un diplôme d’études supérieures en politiques et administration autochtones de l’Université Carleton.

    Originaire du territoire mohawk de Tyendinaga et fière membre des Mohawks de la baie de Quinte, Magnolia possède une connaissance approfondie de la gouvernance autochtone, de l’autodétermination et des politiques enracinées dans les communautés.
    Son travail repose sur la défense des droits, la recherche et la création de programmes novateurs répondant aux besoins propres des communautés autochtones à travers le Canada.

    Nadia Green

    Nadia Green

    2025/26

    LinkedIn

    Nadia Green est une infirmière autorisée des Premières Nations Saulteaux de la Première Nation de Berens River, au Manitoba, dédiée à l’avancement de la santé et du bien-être des Autochtones par la recherche, l’éducation et le changement de politique. Actuellement doctorante à la Faculté des sciences infirmières de l’Université de l’Alberta, ses recherches se concentrent sur les expériences de soins de santé numériques des Premières Nations. Les bases académiques de Nadia incluent un baccalauréat en sciences infirmières de l’Université du Manitoba et une maîtrise en sciences infirmières de l’Université de Toronto, reflétant son engagement envers la pratique avancée des soins infirmiers. Nadia enseigne actuellement les soins infirmiers au niveau collégial, avec une expérience d’enseignement antérieure au niveau universitaire. Elle a récemment assumé son rôle de coprésidente du Comité consultatif de l’Association canadienne des écoles de sciences infirmières (ACESI) pour la révision des compétences d’entrée en pratique en informatique de la santé pour les infirmiers autorisés, et a précédemment présidé le Groupe d’intérêt sur la santé numérique de l’ACESI. Elle a été reconnue par le prix inaugural de l’Association canadienne des sciences infirmières en informatique pour la diversification et le renforcement de l’informatique en soins infirmiers, ainsi que par la bourse Steven Huesing de Digital Health Canada. Elle a également reçu le prix Frances Moran de la Canadian Nurses Foundation et la bourse d’études supérieures AbSPORU en recherche axée sur le patient.
    Nadia aspire à former les futures infirmières et à influencer les politiques de santé numérique qui améliorent l’accès et les soins pour les peuples autochtones au Canada, en particulier ceux vivant dans les communautés rurales et éloignées du Nord.

    Taylor Behn-Tsakoza

    Taylor Behn-Tsakoza

    2025/26

    LinkedIn

    Taylor est une fière femme Déné et Dunne Zaa de la Première Nation de Fort Nelson, avec des racines paternelles dans la Première Nation de Prophet River — toutes deux signataires du Traité 8 dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Élevée sur ses territoires traditionnels, elle a grandi imprégnée de sa culture et de sa langue, guidée par les enseignements de ses grands-parents et la force de ses ancêtres.
    Elle détient un baccalauréat en éducation physique et en santé, et poursuit actuellement une maîtrise en éducation autochtone fondée sur les territoires (Indigenous Land-Based Education) à l’Université de la Saskatchewan.
    Taylor est une leader communautaire dévouée et une défenseure engagée des jeunes. Elle a été représentante des jeunes femmes pour l’Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique et coprésidente du Conseil national des jeunes de l’APN, où elle a représenté les jeunes des Premières Nations aux niveaux national et international, y compris dans des forums des Nations Unies. En 2022, elle a fait partie de la délégation ayant rencontré le pape François pour discuter des répercussions intergénérationnelles des pensionnats autochtones.
    Aujourd’hui, Taylor est conseillère élue de sa Nation et travaille à temps plein comme agente de liaison communautaire pour Tu Deh-Kah Geothermal. Dans ces rôles, elle défend activement l’action climatique, le leadership des jeunes, la souveraineté alimentaire et l’engagement communautaire significatif.

    Terri Cardinal

    Terri Cardinal

    2025/26

    Terri Cardinal (Nayawatatic) est une nehiyaw iskwew (femme crie) de onihcikiskwapiwinihk (Première Nation crie de Saddle Lake), sur le territoire du Traité no 6. Fière mère de deux enfants, elle marche dans les rôles d’épouse, de sœur, de fille et d’amie, ancrant son travail professionnel dans la responsabilité relationnelle et l’engagement communautaire. 

      

    Terri est diplômée de la maîtrise en travail social autochtone de l’Université nuhelot’įne thaiyots’į nistameyimâkanak Blue Quills. Elle détient également un baccalauréat en travail social de l’Université de Regina, un diplôme en travail social de Blue Quills, un certificat en leadership du Coady Institute, ainsi qu’une certification de niveau 3 en développement de la petite enfance du gouvernement de l’Alberta. 

      

    Elle œuvre au sein de la Faculté de travail social comme coordonnatrice de stages et chargée de cours, où elle s’engage à renforcer l’éducation guidée par les perspectives autochtones, la supervision éthique, ainsi que les approches axées sur la terre et les relations en pratique du travail social. Terri est aussi présidente du conseil d’administration de la Wahkohtowin Society, organisation qui œuvre à promouvoir le bien-être communautaire fondé sur la parenté, la responsabilité et le soin collectif. 

      

    Lauréate d’un prix Esquao pour son travail auprès des enfants et des communautés, Terri porte un amour profond et une grande passion pour le soutien des enfants, des familles et des Nations au moyen d’approches enracinées dans la culture, axées sur les forces et guidées par les besoins des communautés.